Randonnée Vosges 2 jours ferme-auberge : itinéraire, dénivelé, bivouac

Il est 6h40 à la gare de Metzeral, le quai est encore vide et la brume traîne sur la vallée de la Fecht. C’est le point de départ le plus logique pour une randonnée Vosges 2 jours ferme-auberge qui grimpe vers les chaumes du Petit Ballon avant de redescendre par les crêtes vers la vallée. Comptez environ 33 km au total, entre 1 300 et 1 400 m de dénivelé positif cumulé sur les deux jours, et une fenêtre idéale de mi-juin à mi-octobre pour profiter des fermes-auberges ouvertes et des chaumes dégagées de neige.

C’est un format qui tient dans un week-end sans sacrifier l’essentiel : les grands panoramas des Hautes Vosges, une nuit ou un déjeuner en ferme-auberge, et le sentiment d’avoir vraiment marché. Pas besoin d’un mois de préparation, juste d’un billet de train, de bonnes chaussures et d’un appétit pour la tarte aux myrtilles mérité.

L’itinéraire en un coup d’œil

Avant de partir, voici le squelette du parcours. Il sert de repère rapide, à garder en tête ou à imprimer, pendant que les sections suivantes détaillent chaque portion.

JourTrajetDistance / DéniveléOù dormir
Jour 1Gare de Metzeral vers Col d’Oberlauchen16 km / +975 mFerme-auberge du Forlet ou bivouac près du Klein Hahnenbrunnen
Jour 2Col d’Oberlauchen vers Petit Ballon puis retour à Metzeral17 km / +400 m environRetour en train le soir même

Le point de départ et d’arrivée est identique : la gare de Metzeral, desservie par le TER Colmar-Metzeral en une trentaine de minutes depuis Colmar. C’est un vrai atout logistique : pas besoin de laisser une voiture en bout de circuit ni d’organiser un covoiturage retour. On descend du train, on marche deux jours en boucle, on remonte dans le train. Pour ceux qui préfèrent la voiture, un parking gratuit existe juste à côté de la gare, ce qui fonctionne tout aussi bien si le circuit est parcouru en boucle complète.

Munissez-vous de la carte IGN 3719OT Colmar Le Hohneck au format papier ou dans une appli hors-ligne : le réseau mobile devient capricieux dès qu’on prend de l’altitude, et les croisements de balisage entre rectangle rouge, chevalet bleu et GR5 méritent d’être anticipés plutôt que devinés sur place.

Jour 1 : Gare de Metzeral vers Col d’Oberlauchen (16 km, 975 m D+, environ 7h30)

La première journée est la plus costaude des deux, et c’est un choix assumé plutôt qu’une contrainte : mieux vaut avaler le dénivelé jambes fraîches que de le traîner en fin de séjour. Depuis la gare, on suit le balisage rectangle rouge qui remonte doucement la vallée avant de bifurquer vers la forêt domaniale. Les deux premières heures sont ombragées, agréables même en plein été, avec une pente régulière qui chauffe progressivement les mollets sans jamais devenir brutale.

La vraie bascule se produit vers le kilomètre 8, quand la forêt s’ouvre sur les premières chaumes. La lumière change d’un coup, le vent aussi : c’est le moment où l’appareil photo mérite de sortir du sac, avec une ouverture autour de f/8 pour garder net à la fois le premier plan de fougères et les crêtes en arrière-plan.

randonneur de dos gravissant un sentier de chaume herbeuse dans les Vosges, crêtes boisées et ciel dégagé en arrière-plan, lumière de fin de matinée

Lac du Forlet : la pause qui sauve le mollet

Aux alentours du kilomètre 11, le sentier longe le Lac du Forlet, une étendue d’eau sombre encaissée entre les sapins qui mérite une vraie pause, pas juste une photo prise en marchant. C’est aussi l’occasion de recharger les gourdes si besoin, l’eau y étant fraîche même en plein été. Comptez 20 à 30 minutes ici sans culpabiliser : la suite du parcours grimpe encore et cette pause conditionne la forme pour l’arrivée.

La ferme-auberge du Forlet : l’étape qui change tout

À une petite demi-heure du lac, la ferme-auberge du Forlet propose un accueil typiquement marcaire : tourte, munster fermier, tarte aux myrtilles maison. Elle ouvre généralement de mi-mai à fin octobre, avec un service jusqu’à 19h en saison haute, mais il faut impérativement réserver la veille par téléphone, surtout le week-end où les groupes de marcheurs affluent dès 12h30.

Ceux qui préfèrent le bivouac peuvent pousser jusqu’aux abords de la cabane de Klein Hahnenbrunnen, à environ 40 minutes de marche supplémentaire. Le bivouac y est toléré en pratique une nuit, du coucher au lever du soleil, à condition de ne pas allumer de feu (strictement interdit dans les Hautes Vosges, sécheresse ou pas) et de repartir sans laisser la moindre trace. C’est une option qui allège le budget mais alourdit le sac : comptez 2 à 3 kg supplémentaires pour un duvet et un tarp léger.

L’erreur classique sur cette portion

Le piège du jour 1, c’est de sous-estimer le vent au col d’Oberlauchen. Sur les crêtes dégagées, il peut souffler fort même par ciel bleu, et la température ressentie chute de plusieurs degrés en quelques minutes. Une veste coupe-vent compacte dans le sac évite de finir la montée frigorifié, surtout si l’arrivée au col se fait en fin d’après-midi, quand le soleil commence à décliner.

Jour 2 : Col d’Oberlauchen vers Petit Ballon et retour à Metzeral (17 km, environ 4h de marche effective)

La seconde journée est plus courte en temps de marche pur, mais elle contient le vrai clou du spectacle : le sommet du Petit Ballon, à 1 267 m. Le départ se fait tôt, idéalement avant 8h, pour profiter d’une lumière rasante encore douce et éviter les groupes qui montent en nombre à partir de 10h30 depuis le parking du Rothenbachkopf, très fréquenté en haute saison.

Le sommet du Petit Ballon : le panorama qui justifie tout l’effort

Depuis le sommet, la vue porte par temps clair jusqu’à la plaine d’Alsace, la Forêt-Noire allemande et, dans l’autre sens, vers le Grand Ballon et le Hohneck. C’est un promontoire dégagé à 360 degrés, sans arbre pour gêner le cadrage, ce qui en fait l’un des meilleurs points de vue accessibles en randonnée itinérante des Hautes Vosges. Prévoyez 30 à 45 minutes sur place : ce sommet ne se traverse pas en coup de vent, il se savoure.

La descente vers le Petit Ballon : chaumes puis forêt

La descente suit d’abord les chaumes ouvertes avant de replonger en forêt vers la vallée. C’est une portion technique par endroits, avec des sections de pierriers glissants après la pluie : des bâtons de marche font clairement la différence ici, notamment pour épargner les genoux sur les 400 derniers mètres de dénivelé négatif.

La ferme-auberge du Petit Ballon pour le déjeuner de clôture

À mi-descente, la ferme-auberge du Petit Ballon tient lieu d’étape de midi presque obligatoire, avec sa terrine maison et son gendarme de bœuf mijoté qui recharge sérieusement les batteries avant la dernière ligne droite. Elle ferme généralement ses portes autour de 18h, ce qui laisse une bonne marge pour attraper le train du soir depuis Metzeral, mais mieux vaut viser un déjeuner avant 14h pour éviter l’affluence du service de midi en pleine saison.

La dernière descente vers la gare traverse à nouveau la forêt, sans grande difficulté technique, et referme la boucle en douceur. Comptez encore 1h30 à 2h depuis la ferme-auberge, de quoi arriver à quai avec un peu de marge avant le TER du retour.

Foire Aux Questions

Quel niveau physique est nécessaire pour cette randonnée ?

Un niveau intermédiaire suffit, à condition d’être capable de marcher 7 à 8h avec 900 m de dénivelé positif sur une journée. L’itinéraire reste accessible à un randonneur régulier, sans expérience alpine requise, mais une préparation minimale (sorties de 15-20 km en amont) évite les mauvaises surprises sur les cuisses.

Quelle est la meilleure période pour partir ?

La fenêtre de mi-juin à mi-octobre reste la plus fiable, chaumes dégagées de neige et fermes-auberges ouvertes. Évitez mai et début juin, où des névés tardifs peuvent encore traîner sur les crêtes exposées, et privilégiez septembre pour une lumière douce et moins de monde sur les sentiers.

Peut-on faire tout le parcours en bivouac sans passer par une ferme-auberge ?

Oui, c’est possible en réservant uniquement le déjeuner en ferme-auberge et en bivouaquant près de Klein Hahnenbrunnen. Cela allège le budget mais alourdit le sac de 2 à 3 kg (duvet, tarp). Le compromis idéal reste souvent une nuit en ferme-auberge et un bivouac occasionnel selon la saison.

Quel budget prévoir pour ce week-end ?

Comptez environ 60 à 90 euros par personne : billet TER aller-retour (15-20 €), nuit et repas en ferme-auberge (35-45 €), déjeuner du lendemain (15-20 €). Le bivouac réduit la note d’une trentaine d’euros, mais le confort et la convivialité de l’étape marcaire valent largement l’investissement.

Faut-il réserver les fermes-auberges longtemps à l’avance ?

Oui, réserver au moins la veille est indispensable, voire plusieurs jours avant pour un week-end de haute saison. Les groupes de randonneurs remplissent vite les services de 12h30 et les quelques chambres disponibles. Un simple appel téléphonique suffit généralement, les fermes-auberges n’ayant pas toujours de système de réservation en ligne.

Existe-t-il une version plus courte ou plus longue de ce circuit ?

Oui, une variante courte réduit le jour 1 à 12 km en coupant directement vers le Forlet sans détour, tandis qu’une version longue ajoute le Hohneck via le Markstein. Ces deux options gardent la même logique : une randonnée Vosges 2 jours ferme-auberge adaptable au niveau et au temps disponible.