Escale à La Goulette, que faire : Sidi Bou Saïd, médina, train ou taxi

L’escale à La Goulette, que faire une fois la passerelle posée, sans jamais avoir mis les pieds en Tunisie et avec le commandant qui a annoncé un appareillage à 18h précises ? J’ai connu cette montée de stress la première fois, sac photo sur l’épaule, en descendant sur le quai bétonné du port sans plan clair. La vérité, c’est que La Goulette elle-même n’a rien d’un décor de carte postale : c’est une zone portuaire industrielle, pas une destination en soi. Le vrai spectacle commence à quelques kilomètres de là, entre les ruelles bleu et blanc de Sidi Bou Saïd et le tumulte parfumé de la médina de Tunis. Encore faut-il savoir organiser sa journée au chronomètre, sans se faire plumer par un taxi ni rater le dernier appel d’embarquement.

L’itinéraire en un coup d’œil : 3 options selon votre temps disponible

Tout dépend d’une seule variable : l’heure de réappareillage indiquée sur votre billet de croisière. Je recommande systématiquement de retrancher 1h30 de marge de sécurité à l’heure limite affichée, la circulation tunisoise étant capricieuse en fin de journée. Voici les trois scénarios qui reviennent le plus souvent chez les croisiéristes que je croise sur le quai.

Temps disponibleDestinationTransportBudget par personne
3 à 4hPort de La Goulette et sa cornicheÀ pied5 à 10 €
6 à 8hSidi Bou SaïdTGM (train), 35-40 min15 à 25 €
8 à 10hMédina de TunisTGM + marche ou taxi direct20 à 35 €

Si je devais trancher pour un lecteur qui n’a qu’une seule escale dans sa vie à La Goulette : Sidi Bou Saïd l’emporte. C’est plus court, plus photogénique, moins fatigant que la médina en pleine chaleur, et le retour au port est nettement moins stressant qu’un Tunis embouteillé à 16h.

Jour 1 : La Goulette vers Sidi Bou Saïd (aller-retour en 6-8 heures)

Sidi Bou Saïd, ce village perché au-dessus du golfe de Tunis, doit son fameux contraste bleu et blanc à un décret municipal des années 1920 imposant cette palette à toutes les façades. Le résultat est spectaculaire en fin de matinée, quand le soleil tape franc sur les murs chaulés et fait ressortir le bleu profond des portes cloutées.

Trajet : 35 à 40 minutes en TGM depuis la gare de La Goulette-Vieille

Le TGM (Tunis-Goulette-Marsa) est un petit train de banlieue qui longe le littoral et dessert directement Sidi Bou Saïd, sans changement. La gare de La Goulette-Vieille se trouve à environ 10 minutes à pied de la sortie principale du port. Comptez 0,90 dinar tunisien le trajet (environ 0,30 €), en 2e classe, ce qui en fait le moyen de transport le plus rentable de toute l’escale.

Rue Habib Thameur et le Café des Nattes : l’arrêt obligé

Depuis la gare de Sidi Bou Saïd, une volée de marches mène à la rue principale, pavée et bordée de bougainvilliers. Le Café des Nattes, avec sa terrasse surélevée et ses tapis traditionnels au sol, est l’endroit où s’asseoir dix minutes pour un thé à la menthe et aux pignons (environ 5 dinars). C’est aussi le meilleur point de vue pour cadrer une ruelle en contre-plongée, lumière rasante en fin de matinée.

ruelle pavée de Sidi Bou Saïd avec façades blanches et portes bleues cloutées, bougainvilliers en fleur, lumière chaude de fin de matinée

Palais du Baron d’Erlanger : la vue qui vaut le détour

À dix minutes à pied du centre, le Palais du Baron d’Erlanger (aussi appelé Ennejma Ezzahra) offre depuis sa terrasse l’une des plus belles vues sur le golfe de Tunis. L’entrée coûte 8 dinars et l’intérieur, mêlant architecture andalouse et mobilier orientaliste, mérite un passage même rapide de 20 minutes. Beaucoup de croisiéristes zappent ce lieu par manque de temps : c’est une erreur, il concentre à lui seul l’essentiel du charme du village.

L’erreur classique : rater le dernier train utile du retour

Le TGM circule toute la journée, mais les fréquences chutent en fin d’après-midi et les quais bondés aux heures de pointe rendent l’embarquement plus long. Prévoyez de reprendre le train au plus tard 2h30 avant l’heure de réappareillage annoncée, marche jusqu’au port comprise. Sidi Bou Saïd se boucle confortablement en 3 à 4 heures sur place, transport compris dans une fenêtre totale de 6 à 8 heures.

Jour 1 (alternative) : La Goulette vers la médina de Tunis (aller-retour en 8-10 heures)

Si Sidi Bou Saïd séduit par sa carte postale, la médina de Tunis répond à un tout autre besoin : celui de l’immersion sensorielle brute, entre odeurs de cuir tanné, appels des marchands et éclats de cuivre martelé. C’est un choix plus exigeant, à réserver aux escales longues et aux amateurs de shopping ou d’architecture ottomane.

Trajet : TGM jusqu’à Tunis Marine (35 min) puis 10 minutes à pied, ou taxi direct (30-40 min selon trafic)

Deux options réalistes. La première : le TGM jusqu’au terminus Tunis Marine, puis une courte marche vers la porte de France (Bab Bhar), entrée historique de la médina. La seconde : un taxi direct depuis le port, plus rapide en théorie mais soumis aux embouteillages de l’avenue Habib Bourguiba en journée. Je privilégie toujours le train pour ce trajet : moins cher, plus fiable dans le temps de parcours, et sans négociation à mener avant de monter.

Souk El Attarine et souk des Chéchias : shopping et repères olfactifs

Une fois passé Bab Bhar, la médina se déploie en un dédale de souks spécialisés. Le souk El Attarine, dédié aux parfums et épices, est le plus agréable à parcourir pour son atmosphère feutrée. Le souk des Chéchias, lui, conserve encore quelques artisans fabriquant ce fameux bonnet de laine rouge à la main. Négociez systématiquement : le premier prix annoncé est presque toujours le double du prix réel, comptez pouvoir faire baisser de 40 à 60 % sur l’artisanat.

L’erreur classique : entrer sans repère et se perdre dans les ruelles annexes

La médina n’a pas de plan lisible sur smartphone fiable, le GPS y perd souvent le signal entre les toits couverts. Gardez toujours en tête un point de repère fixe, la Grande Mosquée Zitouna par exemple, et revenez-y régulièrement pour vous réorienter. Comptez 3 à 4 heures pour une visite satisfaisante sans courir, transport compris dans une fenêtre totale de 8 à 10 heures depuis le port.

Jour 1 (court) : explorer le port de La Goulette et ses environs immédiats (3-4 heures)

Pour les escales trop courtes ou pour les personnes à mobilité réduite qui ne veulent pas s’aventurer plus loin, La Goulette conserve une carte à jouer : sa corniche et ses restaurants de poisson grillé, une institution locale.

La corniche et la rue de la République : 20 minutes à pied du terminal

La promenade longe le front de mer avec quelques cafés populaires où l’on sert un café tunisien serré pour 1,5 dinar. L’ambiance y est authentiquement locale, loin de toute mise en scène touristique, ce qui en fait un bon terrain pour de la photo de rue si vous restez discret et respectueux.

Manger un poisson grillé sur place : le vrai plaisir local

Plusieurs gargotes proposent du poisson du jour grillé à la sauce harissa, accompagné de salade méchouia. Comptez 15 à 20 dinars pour un repas copieux avec boisson, un tarif honnête à condition de vérifier le prix affiché avant de commander. C’est une option courte, sûre et sans stress logistique pour qui n’a vraiment que 3 à 4 heures devant lui.

Foire Aux Questions

Combien de temps dois-je garder pour revenir au port sans risque ?

Prévoyez de reprendre le chemin du port au moins 1h30 avant l’heure de réappareillage indiquée sur votre billet, embarquement compris. Le trafic tunisois se densifie nettement après 15h, notamment autour des accès au port. Privilégiez le TGM plutôt qu’un taxi aux heures de pointe pour sécuriser ce timing.

Puis-je sortir seul du bateau ou faut-il réserver une excursion organisée ?

Rien n’oblige à passer par une excursion organisée : les transports publics comme le TGM et les taxis desservent Sidi Bou Saïd et Tunis en toute autonomie. L’excursion garde un intérêt seulement si vous préférez zéro logistique, mais elle coûte souvent 3 à 4 fois plus cher pour le même trajet.

Train ou taxi : lequel choisir vraiment pour se déplacer ?

Le TGM reste le choix le plus fiable et économique, à moins d’un euro le trajet contre 15 à 25 dinars en taxi. Réservez le taxi pour un groupe de quatre personnes ou un trajet direct en fin de journée, en négociant systématiquement le prix avant de monter à bord.

Je n’ai pas de dinars tunisiens : où changer mes euros à l’arrivée ?

Les bureaux de change et guichets bancaires situés à la sortie du terminal de croisière proposent un taux correct dès l’ouverture du port. Évitez les changeurs informels de rue, souvent malhonnêtes. Prévoyez 30 à 50 euros en petites coupures pour couvrir transport, thé à la menthe et souvenirs.

Sidi Bou Saïd est-il une vraie pépite ou un piège à touristes ?

Sidi Bou Saïd reste authentique malgré son succès touristique, grâce à un décret municipal protégeant son architecture bleu et blanc depuis un siècle. Les prix y sont légèrement gonflés sur les souvenirs, mais le village conserve son charme hors des heures de forte affluence, entre 9h et 11h le matin.

On m’offre du jasmin gratuitement dans la rue, dois-je accepter ?

Refusez poliment mais fermement : ce geste prétendument gratuit se termine presque toujours par une demande de paiement insistante. C’est l’arnaque la plus courante autour du port. Un simple non ferme suffit pour continuer votre escale à La Goulette, que faire tranquillement sans y laisser quelques dinars superflus.