La question revient à chaque préparation de valise : combien emmener d’argent en Tunisie pour ne pas se retrouver à sec devant un souk de Sousse ou une excursion dans le désert de Tozeur ? J’ai vu des voyageurs partir avec 200 € en poche pour dix jours, persuadés que « c’est pas cher là-bas », et se retrouver à négocier des retraits DAB à 8 % de commission le troisième soir. J’en ai vu d’autres trimballer 800 € en liquide, stressés à l’idée de se faire voler, alors qu’une carte bancaire et deux retraits bien placés auraient largement suffi. La vérité, c’est que le bon montant dépend de ton style de voyage, de la durée du séjour et de ta capacité à éviter les pièges classiques du change. On décortique tout, poste par poste, chiffres réels à l’appui.
Combien d’argent emmener en Tunisie : la réponse rapide
Pour aller droit au but : compte entre 25 et 150 € par jour et par personne selon ton style de voyage. La Tunisie reste l’une des destinations les moins chères du bassin méditerranéen, avec un coût de la vie environ 60 à 65 % inférieur à celui de la France sur la restauration et les transports locaux. Mais l’écart se resserre vite sur l’hébergement de standing et les excursions organisées.
Voyageur routard : 25 à 35 € par jour, l’essentiel en liquide
Auberge ou guesthouse, repas en gargote, transport en louage (taxi collectif) ou en TGM à Tunis : ce budget tient si tu acceptes de marchander et de manger local. Les petites dépenses (thé, bus, entrée de médina) se paient presque toujours en cash.
Touriste standard : 45 à 60 € par jour, entre carte et cash
C’est le profil le plus courant : hôtel 3 étoiles, un repas au restaurant par jour, une excursion tous les deux ou trois jours. La carte couvre l’hôtel et les grandes dépenses, le cash sert pour le quotidien.
Séjour confort ou luxe : 90 à 150 € par jour, la carte suffit presque partout
Resort à Hammamet ou Djerba, spa, restaurants d’hôtel, excursions privées : à ce niveau, la carte bancaire passe presque partout et le cash ne sert plus qu’aux pourboires et au marché local.
Répartition idéale : combien en liquide, combien sur la carte
Mon repère après plusieurs séjours : emporte l’équivalent de 3 à 4 jours de dépenses en euros à changer sur place dès l’arrivée, et laisse le reste sur la carte pour des retraits progressifs. Inutile de voyager avec 600 € en liquide dans la poche arrière : le risque de perte pèse plus lourd que l’économie de commission.
Budget quotidien moyen : décomposition par catégorie de dépense
Le comparateur lastminute.com évalue le budget moyen à 41 € par personne et par jour en Tunisie, hébergement compris. Ce chiffre est une bonne moyenne nationale, mais il cache de grosses variations selon la ville et la saison.
Transport local : taxi, louage et TGM, quelques dinars par trajet
Un taxi en ville coûte entre 1,5 et 4 € la course (toujours avec le compteur allumé, jamais au forfait négocié à l’avance sauf pour un long trajet). Le louage entre villes revient à 2 à 8 € selon la distance. Le TGM à Tunis (le petit train côtier vers La Marsa) coûte moins d’un euro le trajet.
Nourriture quotidienne : de 3 à 25 € selon le lieu
Compte 3 à 6 € pour manger correctement en gargote, jusqu’à 20-25 € pour un repas complet dans un restaurant touristique en bord de plage. On détaille juste après.
Activités et sorties : budget additionnel à prévoir
Musées, excursions, plongée : prévois 10 à 15 € supplémentaires par jour d’activité, plus si tu vises une sortie dans le Sahara depuis Douz ou Tozeur.
Le chiffre de référence à nuancer
Les 41 €/jour de lastminute.com correspondent à un séjour standard en basse ou moyenne saison. En haute saison (juillet-août) ou sur des zones très touristiques comme Djerba, additionne 20 à 30 % à ce montant.
Hébergement : fourchettes de prix selon le confort
C’est le poste où l’écart de prix est le plus spectaculaire, et celui sur lequel tu peux le plus facilement ajuster ton budget.
Auberges et guesthouses : 8 à 20 € la nuit
À Tunis, Sidi Bou Saïd ou dans les médinas de Sousse et Kairouan, on trouve des chambres simples et propres dès 8-10 € en basse saison. Les maisons d’hôtes tenues par des familles offrent souvent le meilleur rapport qualité-accueil, loin des complexes standardisés.
Hôtels 2-3 étoiles : 25 à 50 € la nuit
C’est la gamme la plus répandue à Hammamet, Sousse et Monastir. Compte plutôt 30-35 € hors saison et jusqu’à 50 € en juillet-août pour une chambre double correcte, souvent avec petit-déjeuner inclus.
Hôtels 4-5 étoiles et resorts : 60 à 150 € la nuit
Djerba et Hammamet concentrent la majorité des resorts all-inclusive. Compte 60-90 € en entrée de gamme, et jusqu’à 150 € pour des établissements avec spa et accès plage privée en haute saison. C’est souvent moins cher qu’un équivalent en Espagne ou en Grèce pour un niveau de prestation comparable.
Nourriture : des street-foods économiques aux restaurants touristiques
La cuisine tunisienne de rue est un des meilleurs plans budget du pays, et probablement l’une des expériences les plus authentiques du séjour.
Street-food et gargotes : 1,50 à 5 € le repas
Un fricassé (petit sandwich tunisien au thon, œuf et harissa) coûte 1 à 2 €. Un brik à l’œuf, 1,50 €. Un plat de lablabi ou de couscous dans une gargote de quartier, 3 à 5 €. C’est là que je mange le plus souvent en reportage : moins cher, plus copieux, et souvent la meilleure table du coin.
Restaurants touristiques : 8 à 20 € le repas
Sur le front de mer à Hammamet, Sousse ou Djerba, un repas complet avec boisson tourne autour de 12-18 €. Les établissements avec vue mer ou animation le soir grimpent facilement à 20-25 €.
Salons de thé et cafés : moins de 2 € le thé à la menthe
L’astuce la plus simple pour économiser sans se priver : privilégie les salons de thé plutôt que les cafés d’hôtel. Un thé à la menthe aux pignons coûte 1 à 1,5 € dans un salon local, contre 4 à 6 € dans un établissement touristique pour la même chose.
Activités et attractions : tarifs pour les incontournables
Les grands sites tunisiens restent accessibles, à condition de ne pas systématiquement passer par une agence.
Musée du Bardo et sites archéologiques : 5 à 12 € l’entrée
Le musée du Bardo à Tunis, l’un des plus riches musées de mosaïques romaines au monde, coûte environ 8 € l’entrée. Les sites de Carthage et Dougga tournent autour de 5 à 10 € selon les billets combinés.
Excursion désert et Sahara (Tozeur, Douz) : 40 à 90 € la journée
Une excursion d’une journée dans le désert autour de Tozeur ou Douz, avec transport en 4×4 et balade à dos de dromadaire, coûte entre 40 et 70 € en réservant sur place plutôt que via ton hôtel. Compte plus pour un bivouac d’une nuit sous les étoiles, une expérience qui vaut largement le détour pour qui aime la photo de nuit.
Sports nautiques et plongée à Djerba : 30 à 80 € la sortie
Une session de plongée avec baptême à Djerba ou Tabarka revient à 40-60 €. Le jet-ski ou le parachute ascensionnel sur les plages de Sousse et Hammamet coûte 25 à 50 € selon la durée. Les souks de Tunis, eux, sont gratuits à visiter : le budget dépend uniquement de ta résistance à la négociation.
Monnaie et moyens de paiement : euro, dinar, carte bancaire
Voilà le point qui déstabilise le plus les premiers voyageurs, et qui mérite d’être clair une fois pour toutes.
Le dinar tunisien, une monnaie non convertible hors du pays
Le dinar tunisien (TND) ne se change pas en dehors du pays. Impossible d’en acheter avant le départ dans un bureau de change en France : tu arrives avec des euros, tu changes sur place, et tu dois reconvertir l’excédent avant de repartir si tu veux récupérer des euros.
Cartes Visa, Mastercard : où elles passent (et où elles coincent)
Les cartes Visa et Mastercard sont largement acceptées dans les hôtels, les grandes enseignes et les restaurants touristiques des villes principales (Tunis, Sousse, Hammamet, Djerba). American Express passe beaucoup plus rarement. Dans les médinas, les gargotes et les petits commerces, c’est cash uniquement : prévois toujours du liquide sur toi en dehors des zones balnéaires.
Emmener des euros en cash : combien et pourquoi
Pars avec l’équivalent de 150 à 250 € en billets pour une semaine, en petites coupures (10 et 20 €) qui se changent plus facilement et évitent les gros retours en dinars difficiles à écouler. Les gros billets de 100 € et 200 € sont parfois refusés dans les petits bureaux de change régionaux.
Où et comment changer de l’argent : officiel vs officieux
Le taux de change euro-dinar tourne actuellement autour de 1 € pour 3,3 à 3,4 TND (à vérifier avant le départ, il fluctue légèrement). Là où tu changes fait une vraie différence sur le montant final dans ta poche.
Bureaux de change et banques : le taux officiel, sans commission cachée
Les banques (STB, Attijari Bank, BIAT) et les bureaux de change officiels dans les aéroports et les centres-villes appliquent le taux officiel, sans commission supplémentaire dans la majorité des cas. C’est l’option la plus fiable, garde toujours le reçu : tu en auras besoin pour reconvertir en sortant.
Change à l’hôtel : pratique mais taux moins favorable
La plupart des hôtels proposent un service de change. C’est pratique à l’arrivée tardive, mais le taux appliqué est généralement 3 à 5 % moins avantageux que celui d’une banque. Utile pour dépanner les premières heures, pas pour changer une grosse somme.
Change « au noir » dans les souks : le piège à éviter absolument
Certains vendeurs de souk proposent un « meilleur taux » en cash, hors circuit officiel. C’est illégal, non traçable, et le taux réellement appliqué est souvent pire une fois les billets comptés (fausse manipulation, faux compte). Aucun euro d’écart potentiel ne justifie ce risque.
Distributeurs automatiques (DAB) : la meilleure option en 2025
Le retrait au distributeur avec une carte bancaire reste la solution la plus simple et souvent la moins chère au global, à condition de vérifier les frais de ta banque avant de partir. Certaines cartes bancaires en ligne (type Revolut ou N26) appliquent zéro frais sur les retraits à l’étranger jusqu’à un certain plafond mensuel : c’est l’option que je recommande le plus systématiquement à qui veut voyager léger et serein.
Réglementation douanière : ce qu’il faut déclarer
La Tunisie encadre strictement les mouvements de devises, et c’est un point que beaucoup de voyageurs découvrent trop tard.
Le seuil de 20 000 dinars pour toute déclaration
Toute somme équivalente ou supérieure à 20 000 dinars tunisiens (environ 5 900 à 6 000 €) en devises étrangères doit être déclarée à la douane, à l’entrée comme à la sortie du territoire. En dessous de ce seuil, aucune formalité n’est nécessaire pour un touriste classique.
Interdiction d’exporter des dinars tunisiens
Il est interdit de sortir du pays avec des dinars tunisiens en espèces, au-delà d’un montant symbolique. Concrètement : ne garde pas de gros billets en dinars pour ton prochain séjour, ils ne te serviront à rien une fois rentré, et leur détention à la sortie peut poser problème.
Garder ses reçus de change pour reconvertir en sortant
À l’aéroport, tu peux reconvertir tes dinars restants en euros, mais uniquement dans la limite de 30 % du montant total que tu as officiellement changé, justificatifs à l’appui. C’est la raison numéro un de garder chaque reçu de bureau de change ou de banque pendant tout le séjour.
Pièges à éviter et astuces pour économiser
Après plusieurs séjours, ce sont toujours les mêmes situations qui coûtent cher aux voyageurs mal préparés.
Le faux taux de change au souk
Déjà évoqué, mais il mérite d’être répété : aucun commerçant ne propose un « meilleur taux » par générosité. Change uniquement en banque, bureau officiel ou distributeur.
La surfacturation touristique sur les taxis et excursions
Un taxi qui refuse d’allumer le compteur pratique presque toujours un tarif majoré. Exige le compteur, ou négocie le prix avant de monter pour les longs trajets (aéroport, désert). Pour les excursions, compare toujours le tarif proposé par ton hôtel avec celui d’une agence locale directement en ville : l’écart dépasse souvent 30 %.
Le bakchich : quand et combien donner
Le pourboire fait partie des usages, sans être une obligation stricte. Compte 1 à 2 dinars pour un porteur de bagages, 5 à 10 % de l’addition dans un restaurant sans service inclus, et quelques pièces pour un gardien de site qui t’a ouvert une salle fermée. Rien de plus n’est attendu, malgré ce que certains guides insistants laissent penser.
Trois astuces simples pour alléger la facture globale :
- Mange dans les salons de thé et gargotes plutôt que dans les restaurants d’hôtel, l’écart de prix dépasse souvent 60 %.
- Négocie systématiquement le prix d’une course de taxi longue distance avant de démarrer, jamais après.
- Voyage en basse saison (novembre à mars, hors vacances scolaires) : les hôtels baissent leurs tarifs de 20 à 40 % par rapport à juillet-août.
Budget selon la durée : semaine, deux semaines et plus
Pour transformer ces chiffres en montant à emmener réellement, voici trois scénarios concrets pour un voyageur au profil « touriste standard ».
Un week-end (3-4 jours) : budget total
Compte entre 200 et 280 € par personne, hébergement 3 étoiles inclus, hors billet d’avion. C’est suffisant pour Hammamet ou Djerba en city-break, avec une excursion et deux ou trois bons repas.
Une semaine : budget total détaillé
Sur 7 jours, prévois entre 350 et 500 € : environ 250-300 € d’hébergement (2-3 étoiles), 100-150 € de nourriture, et 50-100 € d’activités et transports. C’est la durée la plus courante et la plus facile à calibrer.
Deux semaines : budget total et économies d’échelle
Sur 14 jours, le budget grimpe logiquement mais moins que proportionnellement, autour de 600 à 850 €, car les hôtels proposent souvent des tarifs dégressifs à la semaine et tu répètes moins les dépenses ponctuelles (transferts, équipement). C’est le format idéal pour combiner littoral et intérieur du pays, du Sahara à Tozeur jusqu’aux plages de Djerba.
Ce qu’il faut retenir avant de partir
Le bon montant à emmener en Tunisie n’est pas une somme figée, c’est un équilibre entre du cash pour le quotidien (150 à 250 € en petites coupures) et une carte bancaire pour le reste, avec des retraits progressifs au distributeur. Garde chaque reçu de change, reste sous les 20 000 dinars pour éviter toute déclaration, et fuis systématiquement le change de rue au profit des banques et bureaux officiels.
Une fois ces bases posées, le vrai budget se joue surtout dans tes choix de terrain : manger local plutôt que touristique, négocier avant de monter en taxi, et voyager hors des mois de juillet-août. C’est là que se gagnent les plus belles marges, sans jamais rogner sur l’expérience.
Foire Aux Questions
Peut-on payer directement en euros en Tunisie ?
Non, ce n’est pas une pratique légale ni courante. Seuls quelques hôtels haut de gamme tolèrent parfois un règlement en euros pour de grosses factures, mais le dinar tunisien reste la seule monnaie officiellement acceptée dans les commerces, restaurants et taxis.
Les distributeurs automatiques sont-ils fiables et bien répartis dans le pays ?
Oui, les DAB sont nombreux dans toutes les villes touristiques (Tunis, Sousse, Hammamet, Djerba, Tozeur). Ils se font plus rares dans les zones désertiques ou rurales isolées : retire toujours avant de partir vers le Sahara ou les villages de l’intérieur.
Que se passe-t-il si je dépasse le seuil de 20 000 dinars sans déclaration ?
Tu risques une saisie des devises non déclarées et une amende à la douane tunisienne. Le contrôle reste rare pour un touriste classique en dessous de ce montant, mais toute somme équivalente doit obligatoirement figurer sur une déclaration écrite au passage de frontière.
Peut-on retirer des dinars avant même d’arriver en Tunisie ?
Non, c’est impossible. Le dinar tunisien étant une monnaie non convertible, aucune banque ni bureau de change hors du territoire tunisien ne peut te le fournir. Tu changes obligatoirement sur place, dès l’arrivée à l’aéroport ou en ville.
Les hôtels tout compris nécessitent-ils quand même du cash sur place ?
Oui, même en formule all-inclusive. Prévois du liquide pour les pourboires, les excursions hors hôtel, les souvenirs de souk et les boissons hors forfait. Une vingtaine d’euros équivalents par jour couvre largement ces petites dépenses annexes.
Combien coûte réellement un visa ou une formalité d’entrée en Tunisie ?
Aucun visa n’est requis pour les ressortissants français et européens pour un séjour touristique de moins de 90 jours, ce qui simplifie le calcul du budget. Le passeport valide suffit, sans frais additionnel à prévoir pour l’entrée sur le territoire une fois réglée la question de combien emmener d’argent en Tunisie.



